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Histoire

Lundi 14 avril 2008

La vénération d’icônes thaumaturges est une facette importante de la mentalité orthodoxe. Au Moyen Âge, ces icônes sont des symboles étatico-religieux importants, des palladiums ( Dans l’Antiquité, le palladium est un objet sacré dont la possession était considérée comme un gage de sauvegarde pour la cité qui en possédait un.)singuliers offrant la protection aussi bien à l’Empire byzantin qu’au royaume de Bulgarie, à une ville qu’à un monastère ou une famille particulière. La vie spirituelle de chaque chrétien orthodoxe est liée à de telles icônes, chacune étant considérée comme une protectrice personnelle lors des prières de guérison ou de sauvegarde. Dans le monde orthodoxe, les icônes sont aussi des reliques. Elles font l’objet de pèlerinages et disposent du pouvoir d’interférer avec le cours des événements naturels, dans des situations potentiellement dangereuses, de menace sérieuse pour toute la société, pour des communautés moins importantes ou pour la guérison d’individus. Les rituels de vénération moyenâgeux et contemporains sont similaires. En témoignent la vénération d’icônes extrêmement populaires en Bulgarie et les foules de pèlerins qu’elles attirent. Les pratiques cultuelles qui leur sont attachées soulignent la continuité des traditions culturelles orthodoxes et comblent un vide essentiel dans la vie spirituelle du Bulgare contemporain.
Article de Elka Bakalova. Institut des sciences de l’art Académie des sciences de Bulgarie

A voir en Bulgarie :
L’icône miraculeuse de la Sainte Vierge Petritziotissa du monastère de Batchkovo

 L’icône de la Vierge Portaïtissa du monastère de Rojen
 L’icône-reliquaire du monastère de Rila
 La Vierge Tricheiroussa du monastère de Troyan

 
 
 
Par Sandrine
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Mardi 15 avril 2008

 

Aujourd'hui les historiens de l'art s'accordent à faire remonter l'origine de l'icône aux fresques étrusques et juives (plusieurs siècles avant le Christ) retrouvées sur les murs de certains édifices, lors de fouilles.

A l'origine, les fresques (représentations murales) étrusques et juives

On a retrouvé par exemple, en 1932, à Doura-Europos de Syrie, sur les murs d'une synagogue datant du IIIè siècle avant Jésus-Christ, des fragments de fresques représentant des scènes bibliques. De là viendrait l'origine de l'iconographie chrétienne. L'art des fresques retrouvées dans les catacombes romaines des tous premiers siècles après le Christ, serait la continuation de cette pratique de la peinture murale : "Habitués ainsi à l'ornementation de leur lieu de culte, les premiers juifs convertis continuèrent cet art de la fresque en osmose avec les civilisations grecques et romaines pour décorer les murs des maisons ecclésiales chrétiennes.

Les historiens iconographes considèrent l'art de la fresque comme étant l'origine même de l'icône. D'après le Maître iconographe Nicolaï Greschny : " Tous les types iconographiques se sont formés sur les murs et secondairement dans les manuscrits; mais ces derniers puisaient eux-mêmes dans la peinture murale" (1 ).

Dans la tradition byzantine, deux autres sources de l'iconographie

A partir de cet art chrétien des catacombes se développe une pratique qui devient, dès le VIè siècle (époque à laquelle remontent les premières icônes que l'on possède encore aujourd'hui, dont celles du monastère Sainte Catherine du Sinaï) très populaire : la prière devant  l'icône (ou image sainte). Mais dans la grande tradition byzantine de l'iconographie chrétienne, deux autres sources sont à signaler, pour expliquer le rôle si important de l'icône dans la prière et dans l'art de l'Eglise d'Orient :

- les icônes "achéropoïètes" (ou encore "tombées du ciel"), c'est-à-dire non faites de main d'homme :

dès le VIè siècle en effet, l'on commence à vénérer des icônes dont l'origine semble inconnue et très antérieure au VIè siècle. Parmi ces icônes, certaines sont même considérées comme miraculeuses, car non faites de main d'homme comme par exemple celle du Mandylion de la Sainte Face (dite "Image d'Edesse" car retrouvée dans une église d'Edesse) que l'on attribue à un don du Christ Lui-Même ;

- les icônes dites "de saint Luc l'Evangéliste":

en effet, chez les chrétiens des premiers siècles, la tradition courait que l'un des quatre évangélistes, saint Luc, qui était aussi médecin à l'époque du Christ, et portraitiste, avait peint plusieurs portraits de la Vierge Marie, d'après nature et dans trois attitudes différentes: la Vierge "Hodiguitria" (Celle qui montre le chemin), la Vierge "Eleousa" (ou Mère de miséricorde et de tendresse), la Vierge Orante (dite encore "platytera"). Quelques siècles plus tard ces trois modèles byzantins anciens deviendront la référence de la peinture d'icônes. Des canons stricts furent édictés au cours des premiers conciles de l'Eglise et s'appliquèrent à toutes les formes d'art sacré.

 

Par Sandrine
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Mardi 15 avril 2008

Depuis la chute de l'Empire Soviétique, mais aussi depuis l'avènement sur le trône de Pierre à Rome, d'un pape polonais, Jean-Paul II, le monde entier a découvert -ou redécouvert- l'art si particulier de l'icône chrétienne, "image visible de l'Invisible", conçue dans la prière et pour la prière.  

A partir du Moyen Orient et surtout avec la conversion au christianisme de l'Empereur byzantin Constantin (au IVè siècle), l'icône chrétienne  a essaimé dans tout le Bassin méditerranéen, vers l'Europe slave et orientale et jusqu'en Asie : de la Grèce à l'Egypte via le Liban, la Syrie et autre région palestinienne,  jusqu'au Kazakstan et à Teheran en passant par Saint Petersbourg, Moscou, Tbilissi ou Bagdad ! Bien que beaucoup de ces chefs d'oeuvre se soient perdus au cours des siècles, certains ont traversé les aléas de l'histoire et font partie du patrimoine universel de l'art sacré. Parmi eux,  le célèbre "Christ Pantocrator" ou -plus connue encore- la "Sainte Face" ("Image d'Edesse"représentant aussi le Christ), ou encore la fameuse icône de "La Trinité", de Roublev.

Quant aux icônes mariales, certaines sont très célèbres, telles :

        

la Vierge de Vladimir, du XIIè siècle, passée de Constantinople à Kiev puis à Moscou ;

 

 

L'icône de la Mère de Dieu, appelée aussi "icône de Vladimir" se trouve aujourd'hui à Moscou.

C'est une icône miraculeuse du type Éléousa (tendresse miséricordieuse) qui aurait eu saint Luc pour origine : l'Enfant Jésus a passé son bras autour du cou de sa Mère et celle-ci nous regarde de façon à la fois douce, triste et très tendre. C'est une des plus anciennes icônes de ce type et sans doute aussi, l'une des plus connues en Occident.

En réalité, l'icône de la Vierge de Vladimir fait partie à la fois de l'histoire de la Russie et de son Trésor national.  

Elle est connue en Russie depuis 1131, date à laquelle elle fût apportée de Constantinople à Kiev.

En 1155, le prince André Bogolioubski partit vers le Nord pour fonder une nouvelle capitale. Ce fut Vladimir. Il apporta avec lui l'icône de Kiev. Il était captivé par sa splendeur. C'est à cette époque que l'icône commença à opérer des miracles et attira de nombreux fidèles.

En 1395, l'icône fut transportée à Moscou :

à trois reprises, menacée par une invasion venant de l'est, la capitale russe fut sauvée par une intervention miraculeuse impliquant l'icône.  

Aujourd'hui, les pélerins affluent en grand nombre, de tout le pays, vers la Vierge de Vladimir.

 

Notre Dame de Kazan, du XIIIè siècle, arrivée à la suite de péripéties séculaires en la possession du Vatican et que le pape Jean-Paul II a désiré restituer au Patriarche orthodoxe Alexis II, de Moscou ;

 

 

A l'époque où Kazan était la capitale de l'empire mongol, Notre-Dame est apparue à une fillette de huit ans et lui parla d'une image sacrée qui avait été cachée sous l'autorité mongole et musulmane de Kazan. Les gens ne crurent la petite fille qu'après deux apparitions supplémentaires de Notre-Dame. Puis, à l'étonnement de tous, on trouva l'icône en parfait état sous les ruines d'un édifice entièrement brûlé. Cette image sacrée dégageait une importante sensation de "présence" qui inspirait la crainte chez la plupart de ceux qui l'ont vue. Il y eut des miracles, par exemple deux hommes aveugles de naissance qui recouvrèrent la vue. L'icône fut emportée dans une église de Kazan, dont le pasteur était saint Ermagen, plus tard patriarche de Moscou. L'un des plus grands saints de Russie lui apparut : saint Sergei qui lui confia que cette image sacrée de Notre-Dame de Kazan serait le point de ralliement des fidèles et qu'elle serait l'instrument qui servirait à sauver et à établir la nation russe.

Notre Dame de Kazan et l'âme de la nation russe

On peut dire qu'au moment où l'image sacrée de Notre-Dame apparut sous les ruines de l'édifice entièrement brûlé de Kazan, "l'âme de la Russie parut aussi". La nation russe était née bien qu'elle n'eût le premier tsar que cinquante ans plus tard. En 1613, l'icône de Kazan fut transportée à Moscou et enchâssée dans la basilique située en face du Kremlin connu sous le nom de "Place Rouge". Quand Pierre le Grand fit construire une nouvelle capitale dans le Nord, il décida de faire bâtir pour l'icône de Kazan une magnifique église de même style que la basilique Saint-Pierre à Rome. Le transfert de l'icône de Moscou à la nouvelle capitale suscita une réaction à l'échelle nationale. Alors le tsar en fit faire une belle copie et laissa l'icône dans son église originale sur la Place Rouge.

 

En 1917, lorsque les communistes prirent le pouvoir, ils concentrèrent leur attention sur l'icône de Kazan, considérée comme l'expression de "l'âme du peuple russe". La grande cathédrale de Notre-Dame de Kazan de Petrograd, devenue Leningrad, fut transformée en musée athée. Cela devint le centre officiel de l'athéisme militant dans le monde... La Basilique de Notre-Dame de Kazan sur la Place Rouge fut détruite. Les Rouges voulaient prouver que Dieu n'existe pas en détruisant l'église de la Libératrice et Protectrice de la Sainte Mère Russie.

 

A l'étonnement de tous, lorsque les communistes essayèrent de construire un autre édifice à l'emplacement de l'église de Notre-Dame de Kazan à Moscou, il y eut des accidents répétés, à tel point qu'en définitive les ouvriers refusèrent de construire à cet endroit. On transforma l'emplacement en un petit parc simplement recouvert de gazon. C'est le seul endroit "ouvert" entourant la Place Rouge, à quelques centaines de mètres de la tombe de Lénine! Certaines personnes l'appellent le "miracle" vert de la Place Rouge.

De l'autre côté de l'Europe, à Fatima ...

Au moment où les athées prenaient le pouvoir en Russie, Notre-Dame apparaissait aux trois petits bergers de Fatima. Le seul pays qu'elle cita en plus du Portugal fut la Russie. Elle prédit que l'athéisme se répandrait à travers le monde entier. Elle ajouta : "A la fin, mon cœur triomphera et la Russie sera convertie." Personne ne sait comment la précieuse et originale icône sur laquelle était centrée la dévotion du peuple russe à Notre-Dame "s'est évadée" de sa cathédrale et de la Russie.

 

Elle apparut lors d'une vente aux enchères d'objets précieux, en Pologne, après la première guerre mondiale et en fin de compte elle se trouva en 1950 sur le mur d'un château en Angleterre. Elle y fut découverte par une comtesse russe qui, en reconnaissant formellement l'icône originale à cause de la configuration des diamants et des rubis offerts par Catherine la Grande et Ivan le Terrible, tomba à genoux devant elle. On emporta l'icône au château de Windsor et le métropolitain Léonty, en exil à Paris, se rendit à Londres pour voir s'il s'agissait vraiment de l'original. A la vue de l'icône, il tomba à genoux et déclara joyeusement qu'il s'agissait bien de l'icône avec laquelle il avait célébré la sainte Liturgie à Moscou.

Quand Notre Dame de Kazan revient chez Elle...

En 1950, année sainte durant laquelle l'Assomption de Notre-Dame fut proclamée dogme de foi, John Haffert de l'Armée Bleue eut l'idée de construire un centre mondial à Fatima avec deux chapelles, l'une de style latin et l'autre de style byzantin pour symboliser l'Est et l'Ouest, l'unité et la paix promises par Notre-Dame. Entre temps, Pavel Bliznetsov, ancien officier des forces aériennes soviétiques, s'évade avec son avion. Il se rend à Rome et devient prêtre. Le cardinal Tisserant le propose comme aumônier du centre byzantin de l'Armée Bleue à Fatima. Ce vrai Russe voit grand. Il rejette le projet mentionné plus haut et fait faire le plan d'une église digne de Notre-Dame. Pour trouver les fonds nécessaires, il parcourt l'Allemagne et fait appel aux immigrés russes sans beaucoup de succès. Alors John Haffert et son équipe interviennent. Ils ont recours à Notre-Dame et à saint Joseph et ce n'est pas en vain... L'église byzantine est aujourd'hui une réalité. C'est là que l'icône de Notre-Dame de Kazan a été vénérée jusqu'à ce grand jour historique du 28 août 2004, où elle fut rendue au peuple russe par le pape Jean-Paul II en personne, le jour même de la fête de l'Assomption de la Vierge Marie, selon le calendrier liturgique julien des chrétiens d'orient.

Notre Dame de Czestochowa, Vierge Noire conservée au monastère de Jasna Gora, à Cracovie et qui semble être une copie du XIVè siècle d'un original qui aurait été peint par saint Luc ;

 

 

Avec ses 4 à 5 millions de pélerins par an (presqu'autant qu'à Lourdes et à Fatima...), le sanctuaire de Notre Dame de Czestochowa qui abrite la Vierge Noire de Jasna Gora, en Silésie (Pologne méridionale, ex République de Weimar), est un des plus célèbres de l'Europe centrale.  Son pélerinage remonte au XIVe siècle.

 

En polonais, Jasna Gora veut dire "Montagne Lumineuse". Tout ce que la Pologne comptait de grands personnages du Royaume allait prier au sanctuaire de Czestochowa, y compris ses rois qui avaient coutume de s'y rendre après leur couronnement pour rendre hommage à la Madone noire. La Vierge de Jasna Gora fût amenée en 1382 sur la colline dominant Czestochowa , par le roi Ladislas qui fit construire là un monastère pour les moines de saint Paul. Deux ans après, en 1384,  l'icône célèbre de la Sainte Vierge de Jasna Gora est installée dans le monastère.

La Vierge de Jasna Gora, peinte par saint Luc...

D'où vient la Vierge Noire de Jasna Gora ? La légende attribue la peinture originale à Saint Luc, qui aurait utilisé la planche de la table sur laquelle priait et prenait nourriture la Sainte Famille... Depuis le XVème siècle, de nombreuses copies du tableau furent exécutées. Une centaine font l'objet de vénération et plus de dix furent couronnées. En 1717, la Vierge de Jasna Gora sera la première de Pologne a être couronnée des diadèmes papaux. Très vite, la "Montagne lumineuse" est célèbre dans tout le royaume.

Le principal centre de pèlerinage en Pologne

Dès la fin du XIV siècle Jasna Gora est déjà le principal centre de pèlerinage en Pologne. Jasna Gora est aussi l'objet des convoitises...:

- en 1430, pendant les guerres que livrèrent les partisans des doctrines de Jan Hus, réformateur religieux tchèque ( mort en 1415), le monastère fut totalement ravagé, pillé et l'image de la Vierge profanée. Aujourd'hui encore, sur le visage de la Vierge noire on peut voir deux balafres laissées pr les coups de sabre...;

 - en 1655,  Jasna Gora résista victorieusement aux armées suédoises ; 

- en 1809, la forteresse résista aux Autrichiens, mais quatre ans plus tard elle dut se rendre aux armées russes.

Le culte de Notre-Dame de Czestochowa se répand dans le monde entier

A l'époque, des églises à son vocable commencent à être édifiées un peu partout . On en décompte actuellement 350, dont 300 en Pologne. Le culte de Notre-Dame de Czestochowa se répand en Amérique du Nord, en Australie, en Afrique et en Asie.

les icônes mariales du mont Athos : dans ce très ancien monastère chrétien d'Orient se trouve la plus prestigieuse collection d'art chrétien au monde, dont la série des "icônes portatives", anciennes et particulièrement bien conservées ;


 

les icônes mariales du mont Sinaï et parmi elles, dans le monastère Sainte Catherine du Sinaï, la plus ancienne icône connue: la "Vierge en majesté";

La Vierge Kyriotissa - La Vierge en Majesté

Les premières représentations de la Vierge Marie en Majesté ou Kyriotissa se trouvent dans la catacombes de Priscilla et de Sainte Anne ainsi que sur le couvercle d'un sarcophage des catacombes de Domitille à Rome.

Une des plus anciennes icônes de la Kyriotissa parvenue jusqu'à nous est celle du Mont Sinaï, en Egypte et date du VIe siècle. Saint Georges et Saint Théodore l'entourent ainsi que deux anges.

L'image type dépeint la vierge assise sur un trône recouvert d'un coussin en regardant droit devant elle. Le Christ Emmanuel, sur ses genoux, tient le rouleau des Ecritures dans sa main gauche.

les icônes du monastère syrien Notre Dame de Saydnaya ;

 

la célèbre Vierge Theotokos, dont l'original se trouve à Istanbul...

Par Sandrine
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Mardi 15 avril 2008

Saint Luc

 




 
Luc était médecin  et évangéliste. 
Il fut le compagnon de Paul de Tarse 
et rédacteur d'un des quatres Evangiles canoniques.

Nous retiendrons plus particulièrement la légende (datant du VIe siècle) le présentant comme l'auteur des portraits de la Vierge Marie, Mère de Jésus Christ.

A l'époque où naît cette légende, l'Église cherche à imposer l'aspect théologique de la "Theotokos" : la Mère de Dieu, celle dont le rôle fut prépondérant dans l'histoire du salut des hommes par la naissance du Sauveur. Dès le début de la chrétienté, une place particulière fut réservée à la mère du Dieu Vivant. 

En Russie elle est "Bogorodiza", traduction littérale de théotokos. Elle y sera priée surtout pour son intercession auprès de son fils. 

Les trois portraits décrits ci-après deviendront des modèles pour l'Église chrétienne d'abord et surtout pour l'Église orthodoxe. 

Ils donneront lieu à d'innombrables icônes de la Mère de Dieu, dérivées de ces premiers canons. 
Il n'y a pas moins de 196 "Icônes miraculeuses de la Vierge" répertoriées dans le Calendrier Ecclésial publié chaque année par l'Eglise Orthodoxe Russe et fêtées sur tout le territoire. Fêtes auquelles il faut ajouter les offices traditionnels de la Nativité de la Vierge, sa Présentation au Temple, 
l'Annonciation, et la Dormition (l'Assomption chez les catholiques).

Luc aurait effectivement pu peindre Marie, habitant alors la maison de l'apôtre Jean à Damas. Cependant Marie aurait été à cette époque une très vieille dame. Il faut lucidement envisager l'hypothèse que ces trois portraitsde jeune femme aient été réalisés en Egypte par un évêque de la Thébaïde, appelé Luc également.

Le premier type est dit "Hodiguitria" ou "Celle qui montre le chemin": 

Marie est représentée de face, l'enfant sur ses genoux, une de ses mains maintient l'enfant et le désigne de l'autre main comme étant la voie à suivre.

L'enfant a toujours un geste de bénédiction de la main droite et tient souvent dans son autre main le rouleau des textes saints, le plus souvent symbole des écrits de l'Ancien Testament annonçant sa venue par les prophètes.
 
 

 

Russie (école de Moscou)
vers 1500 ©DR
Vierge Eleousa, 
Ecole Stroganov, 
fin XVIe siècle
Le deuxième type de Vierge est dit "Eleousa" : 
La Miséricordieuse.

Elle est appellée "Oumiliénié" ou Vierge de tendresse en russe  : 

l'enfant se réfugie dans les bras de sa mère, ou bien la regarde en s'accrochant à son manteau et lui tend la main. 
La tête de Marie est tournée vers lui dans un geste très doux.

La dénomination russe représente plus l'attendrissement de Jésus par l'intercession de sa mère auprès de lui.

Le dernier type de Vierge est dit "Orante" ou Vierge en prière: Marie est de face, les mains levées invitant le fidèle à prier avec elle. 

La "Blachernitissa" d'une hauteur de 5 mètres apparaissait dans l'abside de l'église Sainte Sophie de Kiev. Elle était vénérée sous le nom de "Mur indestructible".

En Russie apparaîtra une variante de la "Vierge orante" où l'enfant est  représenté sur sa poitrine et qui se nommera "Vierge du signe"ou "Platytera".

Cette icône est la plus vénérée en Russie On lui attribue la sauvegarde de Novgorod puis par la suite de Moscou, et donc de toute la Russie, depuis le XIIe siècle. Quoique fort endommagée, elle est l'objet de vénérations en Russie. Dans toutes les copies effectuées, les peintres reproduisent fidèlement la trace des flêches qui l'atteignirent lors de la bataille de Novgorod contre Souzdal.

Vierge du Signe
vers 1700 

photo © Isskustvo © Deslée de Brouwer

Par Sandrine
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Jeudi 17 avril 2008

Eglise Ste Sophie, Constantinople

Descendant en droite ligne des premières communautés chrétiennes fondées par les apôtres de Jésus dans les provinces orientales de l'Empire romain et comptant quelque 150 millions de fidèles, l'Église orthodoxe est composée principalement par les Églises d'Orient. L'orthodoxie (la «foi droite») rejette l'autorité de Rome depuis le schisme de 1054, et chacune de ses entités se caractérise par une organisation locale indépendante et par des structures de type collégial.

C'est dans la Méditerranée orientale que se déroulèrent la plupart des grands événements chrétiens: dans cette région – où se tenaient, notamment, tous les conciles œcuméniques, au cours des huit premiers siècles de la chrétienté – le destin du christianisme fut déterminé par le transfert de la capitale impériale de Rome à Constantinople, en 320, par Constantin Ier.


Activités missionnaires de Constantinople

Des missionnaires originaires de Constantinople convertirent au christianisme les Slaves (les Bulgares, en 864; les Russes, en 988) ainsi que d'autres peuples d'Europe orientale. Ils traduisirent également l'Évangile et les textes liturgiques dans les langues vernaculaires utilisées dans ces pays. Ainsi, la liturgie, les coutumes et les rites de l'Église de Constantinople, restés à la base des structures et de l'éthique orthodoxes contemporaines, furent adoptés dans toute la région.


Rivalité entre Occident et Orient

L'évolution de l'Église orthodoxe ne suivit pas toujours celle du christianisme occidental: alors que celui-ci considérait le pape – l'évêque de Rome – comme l'héritier de l'apôtre Pierre et comme le chef de l'Église universelle, d'institution divine, les chrétiens orthodoxes le désignaient seulement comme «le premier parmi les patriarches» primus inter pares. Cette différence de vues, fondamentale, fut à l'origine de nombreux incidents et d'une grave incompréhension entre les deux courants.

Le schisme se fit progressivement. C'est au Xie siècle qu'éclata la première dissension: le 24 juillet 1054, le cardinal Humbert déposait sur l'autel de Sainte-Sophie, à Constantinople, l'acte par lequel Rome excommuniait le patriarche de Constantinople, Michel Keroularios. Le lendemain, une assemblée d'évêques, déniant au pape le droit d'intervenir sur les questions d'investiture, jetait le document romain au feu et excommuniait Humbert et sa suite. Par ailleurs, l'accumulation des divergences théologiques relatives à la procession du Saint-Esprit, à l'épiscopat, à la primauté de Rome et aux usages liturgiques aggrava l'opposition entre Constantinople et Rome.

Le sac de Constantinople, perpétré durant la Ive croisade, en 1204, ne fit qu'intensifier l'hostilité de l'Église orientale à l'égard de l'Église d'Occident. Or des tentatives de rapprochement se succédaient de part et d'autre. Au Iie concile de Lyon (1274), l'empereur d'Orient Michel VIII Paléologue fit signer, par calcul politique, une motion reconnaissant la primauté romaine, don’t on ne tint compte que durant huit ans. Le concile de Florence (1438-1439) proclama l'union des Églises, mais les communautés orthodoxes ne répondirent pas favorablement à cette initiative. En 1453, les Turcs s'emparaient de Constantinople et l'Église byzantine était asservie par l'Empire ottoman.

Le fossé ne cessa de s'agrandir entre l'Orient et l'Occident après le concile Vatican I (1869-1870), où l'infaillibilité du pape fut définie. Ce n'est qu'à partir du concile Vatican II (1962-1965) que s'esquissa une nouvelle tendance au rapprochement: en 1964, le patriarche Athênagoras et le pape Paul VI décidèrent de lever les anathèmes réciproques lancés en 1054.

 

Par Sandrine
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Jeudi 17 avril 2008

Le mot iconostase vient du mot grec (eikon : image et histemi : placer, se tenir).

L'iconostase est une cloison d'icônes qui sépare le sanctuaire, où se célèbre l'Eucharistie (qui est le monde divin), de la nef, où se tiennent les fidèles (qui est le monde humain). Elle est le symbole de l'Eglise Orthodoxe.

Les premières iconostases

A l'origine, une simple balustrade, parfois surmontée de rideaux, séparait le sanctuaire des fidèles. Ce n'est qu'à partir de 843 avec la fin de l'iconoclasme et la restauration du culte des images, que les balustrades reçoivent les premières icônes. Dans les pays scandinaves et en Russie, les églises de bois ne pouvaient pas être ornées de fresques comme la théologie byzantine l'avait établi. L'iconostase servit à ressembler tout ce que les décorations murales ne pouvaient pas présenter.

L'iconostase ne se développa véritablement qu'à partir du XIVe siècle. Jusqu'au XIXe, les registres des icones se sont accumulés pour atteindre parfois dix à quinze rangées d'icônes. Le XXe siècle mit fin à cette surenchère pour ne présenter que des iconostases beaucoup moins hautes à un ou deux registres.

L'iconostase  classique comprend cinq séries

d'icônes appelées registres.

Plan d'une iconostase



Le premier registre en bas : les icônes locales

C'est la série des icônes locales. Dans cette galerie inférieure de l'iconostase, les icônes du Sauveur et la Sainte Vierge Marie sont placées de part et d'autres des portes royales.

Les Portes Royales ou Grandes Portes

 

Ce sont des portes à deux battants avec le haut façonné.
Sur la partie supérieure des portes, il y a une icône de l'Annonciation. La Vierge Marie est représentée sur la porte droite face au spectateur et l'Archange Gabriel sur la porte gauche.

 
 

Plus bas, on dispose les quatre evangélistes. Saint Jean et Saint Luc se trouvent sous l'Archange Gabriel, Saint Mathieu et Saint Marc sous la Vierge Marie. Directement au dessus des portes royales se place l'icône de la Cène.

La Porte Nord



On place généralement une iconede l'Archange Saint Michel.

 



La Porte Sud

On place généralement une icone de l'Archange Gabriel.





Le second registre : les Fêtes

Il comprend les icônes liées aux événements du Nouveau Testament de la vie terrestre du Christ. Cette série comprend les icônes des Fêtes solennellement célébrées par l'Eglise. Les icônes sont disposées chronologiquement suivant l'ordre du calendrier ecclésiastique.

Il y a 6 icônes pour le Christ : Noël, la Présentation au Temple, l'Entrée à Jérusalem, l'Ascension, la Transfiguration et le Baptême.

Il y a 4 icônes pour la Vierge Marie : la Naissance de la Vierge Marie, la Présentation au Temple de la Sainte Vierge, l'Annonciation et la Dormition.

Deux autres icônes de la Crucifixion sont disposées selon la période de l'année. S'il reste un peu de place, se joignent les icônes de fête de moindre importance comme la Résurrection de Lazare, la Descente aux Enfers, le Noël Christique ou la Trinité.

Le registre de Fêtes et celui du Déésis peuvent être interchangeables. En effet, quelquefois la rangée des icônes des Fêtes peut être le troisième registre.



Le troisième registre : la Déésis

La Déisis  signifie prière ou intercession. Cette rangée présente le Christ en Majesté avec la Vierge Marie à sa droite et Saint Jean-Baptiste à sa gauche.

Le centre de cette série est l'icône du Sauveur en Majesté venu juger le Monde. Il est entouré de la Vierge Marie à sa droite et de Saint Jean-Baptiste à sa gauche. Ils sont suivis par les archanges, les apôtres, les martyrs et tous les personnages ayant le grade de la sainteté.

Le quatrième registre : les Prophètes

Ce registre représente les Prophètes de l'Ancien Testament de Moïsejusqu'à Jésus de Nazareth. Les Prophètes tiennent dans leurs mains

les textes écrits sur des rouleaux qui racontent la naissance du Christ. C'est au centre de cette galerie que l'on trouve généralement une icône de Notre Dame du Signe qui est la liaison entre l'Ancien et le Nouveau Testament.
 


 

 



        

 

 

  
                 


                                 




    


                                                                                                   

Le cinquième registre : les Patriarches

 

 

La série supérieure de l'iconostase représente les patriarches de l'Ancien Testament d'Abraham jusqu'à Moïse. Au centre de ce registre se place une icône représentant la Sainte Trinité.

Dans les fresques, on retrouve les patriarches au niveau inférieur.

L'iconostase est toujours surmontée de la Croix

 

Cathedrale de la Dormition de la Vierge à Moscou

Monastère St Jean de Rila en Bulgarie





Roumanie (Bucovine)

Par Sandrine
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Dimanche 11 mai 2008

Vierge de Vladimir


Le 11 mai, mémoire de la DEDICACE ou INAUGURATION de la ville de CONSTANTINOPLE, gardée par Dieu et dédiée à la protection de notre souveraine la Très Sainte Mère de Dieu .

 

A de multiples reprises la Très-Sainte Mère de Dieu manifesta sa protection sur la ville impériale, qui était devenue, par ses magnifiques églises et ses innombrables Reliques de Saints, une anticipation de la Jérusalem céleste. En particulier, en 626, lors de l'attaque conjuguée des Avars et des Perses, l'icône de la Mère de Dieu repoussa miraculeusement les ennemis . Sous Léon l'Isaurien, elle renouvela un miracle semblable en chassant les Sarrasins qui assiégeaient la cité depuis trois ans. Et de même, en temps d'épidémies ou de calamités naturelles, elle ne cessa de montrer sa protection, jusqu'au jour où, conformément aux desseins insondables de la Providence, la Cité et l'Empire disparurent de la scène de l'histoire (1453), mais ils demeurent pour les Chrétiens des symboles du Royaume à venir qui n'aura pas de fin.

Lorsque Saint Constantin le Grand eut entouré de murailles et considérablement agrandi la ville de Byzance, qu'il avait choisie pour capitale de l'Empire chrétien, le 11 mai 330, après avoir solennellement dédié la cité à la Toute-Sainte Mère de Dieu, il prit, avec le Patriarche, la tête d'une grande procession, à laquelle se joignirent le Clergé et tout le peuple. Parvenu au Forum, on érigea au sommet d'une colonne de porphyre la statue de l'empereur, après avoir déposé dans sa tête les précieux Clous, avec lesquels le Christ avait été crucifié (cf. 6 mars), et à ses pieds les douze corbeilles qui avaient servi à recueillir les restes lors du miracle de la multiplication des pains. Dès lors cette fête fut célébrée chaque année avec faste, par une procession qui allait du Forum à Sainte-Sophie.
Par Sandrine
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