Depuis la chute de l'Empire Soviétique, mais aussi depuis
l'avènement sur le trône de Pierre à Rome, d'un pape polonais, Jean-Paul II, le monde entier a découvert -ou redécouvert- l'art si particulier de l'icône chrétienne, "image visible de
l'Invisible", conçue dans la prière et pour la prière.
A partir du Moyen Orient et surtout avec la conversion au christianisme de l'Empereur byzantin Constantin (au IVè siècle),
l'icône chrétienne a essaimé dans tout le Bassin méditerranéen, vers l'Europe slave et orientale et jusqu'en Asie : de la Grèce à l'Egypte via le Liban, la Syrie et
autre région palestinienne, jusqu'au Kazakstan et à Teheran en passant par Saint Petersbourg, Moscou, Tbilissi ou Bagdad ! Bien que beaucoup de ces chefs d'oeuvre se soient perdus au
cours des siècles, certains ont traversé les aléas de l'histoire et font partie du patrimoine universel de l'art sacré. Parmi eux, le célèbre "Christ Pantocrator" ou -plus connue
encore- la "Sainte Face" ("Image d'Edesse"représentant aussi le Christ), ou encore la fameuse icône de "La Trinité", de Roublev.
Quant aux icônes mariales, certaines sont très célèbres, telles :
la Vierge de Vladimir, du XIIè siècle, passée
de Constantinople à Kiev puis à Moscou ;
L'icône de la Mère de Dieu, appelée aussi "icône de Vladimir" se trouve aujourd'hui à Moscou.
C'est une icône miraculeuse du type Éléousa (tendresse miséricordieuse) qui aurait eu saint Luc pour origine : l'Enfant Jésus a passé son bras
autour du cou de sa Mère et celle-ci nous regarde de façon à la fois douce, triste et très tendre. C'est une des plus anciennes icônes de ce type et sans doute aussi, l'une des plus connues en
Occident.
En réalité, l'icône de la Vierge de Vladimir fait partie à la fois de l'histoire de la Russie et de son Trésor national.
Elle est connue en Russie depuis 1131, date à laquelle elle fût apportée de Constantinople à Kiev.
En 1155, le prince André Bogolioubski partit vers le Nord pour fonder une nouvelle capitale. Ce fut Vladimir. Il apporta avec lui l'icône de Kiev.
Il était captivé par sa splendeur. C'est à cette époque que l'icône commença à opérer des miracles et attira de nombreux fidèles.
En 1395, l'icône fut transportée à Moscou :
à trois reprises, menacée par une invasion venant de l'est, la capitale russe fut sauvée par une intervention miraculeuse impliquant
l'icône.
Aujourd'hui, les pélerins affluent en grand nombre, de tout le pays, vers la Vierge de Vladimir.
Notre Dame de Kazan, du XIIIè
siècle, arrivée à la suite de péripéties séculaires en la possession du Vatican et que le pape Jean-Paul II a désiré restituer au Patriarche orthodoxe Alexis II, de Moscou
;
A l'époque où Kazan était la capitale de l'empire mongol, Notre-Dame est apparue à une fillette de huit ans et lui parla d'une
image sacrée qui avait été cachée sous l'autorité mongole et musulmane de Kazan. Les gens ne crurent la petite fille qu'après deux apparitions supplémentaires de Notre-Dame. Puis, à l'étonnement
de tous, on trouva l'icône en parfait état sous les ruines d'un édifice entièrement brûlé. Cette image sacrée dégageait une importante sensation de "présence" qui inspirait la crainte chez la
plupart de ceux qui l'ont vue. Il y eut des miracles, par exemple deux hommes aveugles de naissance qui recouvrèrent la vue. L'icône fut emportée dans une église de Kazan, dont le pasteur était
saint Ermagen, plus tard patriarche de Moscou. L'un des plus grands saints de Russie lui apparut : saint Sergei qui lui confia que cette image sacrée de Notre-Dame de Kazan serait le point de
ralliement des fidèles et qu'elle serait l'instrument qui servirait à sauver et à établir la nation russe.
Notre Dame de Kazan et l'âme de la nation russe
On peut dire qu'au moment où l'image sacrée de Notre-Dame apparut sous les ruines de l'édifice entièrement brûlé de Kazan,
"l'âme de la Russie parut aussi". La nation russe était née bien qu'elle n'eût le premier tsar que cinquante ans plus tard. En 1613, l'icône de Kazan fut transportée à Moscou et enchâssée dans la
basilique située en face du Kremlin connu sous le nom de "Place Rouge". Quand Pierre le Grand fit construire une nouvelle capitale dans le Nord, il décida de faire bâtir pour l'icône de Kazan une
magnifique église de même style que la basilique Saint-Pierre à Rome. Le transfert de l'icône de Moscou à la nouvelle capitale suscita une réaction à l'échelle nationale. Alors le tsar en fit
faire une belle copie et laissa l'icône dans son église originale sur la Place Rouge.
En 1917, lorsque les communistes prirent le pouvoir, ils concentrèrent leur attention sur l'icône de Kazan, considérée comme
l'expression de "l'âme du peuple russe". La grande cathédrale de Notre-Dame de Kazan de Petrograd, devenue Leningrad, fut transformée en musée athée. Cela devint le centre officiel de
l'athéisme militant dans le monde... La Basilique de Notre-Dame de Kazan sur la Place Rouge fut détruite. Les Rouges voulaient prouver que Dieu n'existe pas en détruisant l'église de la
Libératrice et Protectrice de la Sainte Mère Russie.
A l'étonnement de tous, lorsque les communistes essayèrent de construire un autre édifice à l'emplacement de l'église de
Notre-Dame de Kazan à Moscou, il y eut des accidents répétés, à tel point qu'en définitive les ouvriers refusèrent de construire à cet endroit. On transforma l'emplacement en un petit parc
simplement recouvert de gazon. C'est le seul endroit "ouvert" entourant la Place Rouge, à quelques centaines de mètres de la tombe de Lénine! Certaines personnes l'appellent le "miracle" vert de
la Place Rouge.
De l'autre côté de l'Europe, à Fatima ...
Au moment où les athées prenaient le pouvoir en Russie, Notre-Dame apparaissait aux trois petits bergers de Fatima. Le seul pays
qu'elle cita en plus du Portugal fut la Russie. Elle prédit que l'athéisme se répandrait à travers le monde entier. Elle ajouta : "A la fin, mon cœur triomphera et la Russie sera
convertie." Personne ne sait comment la précieuse et originale icône sur laquelle était centrée la dévotion du peuple russe à Notre-Dame "s'est évadée" de sa cathédrale et de la
Russie.
Elle apparut lors d'une vente aux enchères d'objets précieux, en Pologne, après la première guerre mondiale et en fin de compte
elle se trouva en 1950 sur le mur d'un château en Angleterre. Elle y fut découverte par une comtesse russe qui, en reconnaissant formellement l'icône originale à cause de la configuration des
diamants et des rubis offerts par Catherine la Grande et Ivan le Terrible, tomba à genoux devant elle. On emporta l'icône au château de Windsor et le métropolitain Léonty, en exil à Paris, se
rendit à Londres pour voir s'il s'agissait vraiment de l'original. A la vue de l'icône, il tomba à genoux et déclara joyeusement qu'il s'agissait bien de l'icône avec laquelle il avait célébré la
sainte Liturgie à Moscou.
Quand Notre Dame de Kazan revient chez Elle...
En 1950, année sainte durant laquelle l'Assomption de Notre-Dame fut proclamée dogme de foi, John Haffert de l'Armée Bleue eut
l'idée de construire un centre mondial à Fatima avec deux chapelles, l'une de style latin et l'autre de style byzantin pour symboliser l'Est et l'Ouest, l'unité et la paix promises par
Notre-Dame. Entre temps, Pavel Bliznetsov, ancien officier des forces aériennes soviétiques, s'évade avec son avion. Il se rend à Rome et devient prêtre. Le cardinal Tisserant le propose comme
aumônier du centre byzantin de l'Armée Bleue à Fatima. Ce vrai Russe voit grand. Il rejette le projet mentionné plus haut et fait faire le plan d'une église digne de Notre-Dame. Pour trouver les
fonds nécessaires, il parcourt l'Allemagne et fait appel aux immigrés russes sans beaucoup de succès. Alors John Haffert et son équipe interviennent. Ils ont recours à Notre-Dame et à saint
Joseph et ce n'est pas en vain... L'église byzantine est aujourd'hui une réalité. C'est là que l'icône de Notre-Dame de Kazan a été vénérée jusqu'à ce grand jour historique du 28 août 2004, où
elle fut rendue au peuple russe par le pape Jean-Paul II en personne, le jour même de la fête de l'Assomption de la Vierge Marie, selon le calendrier liturgique julien des chrétiens d'orient.
Notre Dame de Czestochowa, Vierge Noire
conservée au monastère de Jasna Gora, à Cracovie et qui semble être une copie du XIVè siècle d'un original qui aurait été peint par saint Luc ;
Avec ses 4 à 5 millions de pélerins par an (presqu'autant qu'à Lourdes et à Fatima...), le sanctuaire de Notre Dame de
Czestochowa qui abrite la Vierge Noire de Jasna Gora, en Silésie (Pologne méridionale, ex République de Weimar), est un des plus célèbres de l'Europe centrale. Son pélerinage
remonte au XIVe siècle.
En polonais, Jasna Gora veut dire "Montagne Lumineuse". Tout ce que la Pologne comptait de grands personnages du
Royaume allait prier au sanctuaire de Czestochowa, y compris ses rois qui avaient coutume de s'y rendre après leur couronnement pour rendre hommage à la Madone noire. La Vierge
de Jasna Gora fût amenée en 1382 sur la colline dominant Czestochowa , par le roi Ladislas qui fit construire là un monastère pour les moines de saint
Paul. Deux ans après, en 1384, l'icône célèbre de la Sainte Vierge de Jasna Gora est installée dans le monastère.
La Vierge de Jasna Gora, peinte par saint Luc...
D'où vient la Vierge Noire de Jasna Gora ? La légende attribue la peinture originale à Saint Luc, qui aurait utilisé la
planche de la table sur laquelle priait et prenait nourriture la Sainte Famille... Depuis le XVème siècle, de nombreuses copies du tableau furent exécutées. Une centaine font l'objet de
vénération et plus de dix furent couronnées. En 1717, la Vierge de Jasna Gora sera la première de Pologne a être couronnée des diadèmes papaux. Très vite, la "Montagne lumineuse" est célèbre
dans tout le royaume.
Le principal centre de pèlerinage en Pologne
Dès la fin du XIV siècle Jasna Gora est déjà le principal centre de pèlerinage en Pologne. Jasna Gora est aussi
l'objet des convoitises...:
- en 1430, pendant les guerres que livrèrent les partisans des doctrines de Jan Hus, réformateur religieux tchèque ( mort
en 1415), le monastère fut totalement ravagé, pillé et l'image de la Vierge profanée. Aujourd'hui encore, sur le visage de la Vierge noire on peut voir deux balafres laissées pr les coups de
sabre...;
- en 1655, Jasna Gora résista victorieusement aux armées suédoises ;
- en 1809, la forteresse résista aux Autrichiens, mais quatre ans plus tard elle dut se rendre aux armées russes.
Le culte de Notre-Dame de Czestochowa se répand dans le monde entier
A l'époque, des églises à son vocable commencent à être édifiées un peu partout . On en décompte actuellement 350, dont 300 en
Pologne. Le culte de Notre-Dame de Czestochowa se répand en Amérique du Nord, en Australie, en Afrique et en Asie.
les icônes mariales du mont Athos : dans ce
très ancien monastère chrétien d'Orient se trouve la plus prestigieuse collection d'art chrétien au monde, dont la série des "icônes portatives", anciennes et particulièrement bien conservées
;
les icônes mariales du mont Sinaï et
parmi elles, dans le monastère Sainte Catherine du Sinaï, la plus ancienne icône connue: la "Vierge en majesté";
La Vierge Kyriotissa - La Vierge en Majesté
Les premières représentations de la Vierge Marie en Majesté ou Kyriotissa se trouvent dans la catacombes de Priscilla et de Sainte Anne ainsi que sur
le couvercle d'un sarcophage des catacombes de Domitille à Rome.
Une des plus anciennes icônes de la Kyriotissa parvenue jusqu'à nous est celle du Mont Sinaï, en Egypte et date du VIe siècle. Saint Georges et Saint Théodore l'entourent ainsi que deux anges.
L'image type dépeint la vierge assise sur un trône recouvert d'un coussin en regardant droit devant elle. Le Christ Emmanuel, sur ses genoux, tient le rouleau des Ecritures dans sa main gauche.
les icônes du monastère syrien Notre Dame de
Saydnaya ;
la célèbre Vierge Theotokos, dont l'original se trouve à
Istanbul...