Ce n'est pas le Christ souffrant, mais ressuscité - le Pantocrator, le Roi de Gloire - qui inspire les premiers artistes chrétiens.
Il est indispensable ici de mentionner le Linceul de Turin, les études scientifiques menées depuis le début du siècle - Vignon et Wilson en tête - ayant démontré que ces premiers portraits de Jésus s'inspiraient très exactement du Visage visible sur le Saint Linge. Des carnets de croquis circulaient en Orient, afin que chaque icône réalisée respecte au mieux les traits du Linge, vénéré par tous les chrétiens d'alors comme véritable icône du Christ, "archeiropoiêtos", c'est-à-dire non faite de main d'homme .
Les couleurs utilisées pour cette icône provenant d'un monastère bulgare sont inhabituelles, le Christ dans sa représentation la plus classique étant vêtu habituellement d'une tunique rouge couverte d'un vêtement bleu.
Christ Pantocrator d'après
une icône grecque du XVI s.
Il bénit de la main droite tandis que la gauche tient le livre des Evangiles fermé, orné de pierres précieuses. Il est le Verbe de
Dieu.
Il porte une tunique (chiton) pourpre ornée d’un clave, bande verticale portée sur l'épaule, qui décorait la tunique romaine et était réservé aux hauts dignitaires. Ce vêtement pourpre est le signe de la royauté divine du Christ. Il est recouvert d’un vêtement bleu, couleur d’humanité, signifiant que le Christ a revêtu la nature humaine.
Le regard du Christ ne se dirige pas directement vers le fidèle, le Christ pose son regard au delà de tout ce qui est. De sa face rayonne un nimbe marqué de la croix dans laquelle apparaissent les abréviations de "Je suis celui qui suis".