Icône de la trinité d'Andreï Roublev.
Russie XVs
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 28,18-20.
Et Jésus s'approchant leur parla ainsi : " Toutes puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les
nations, les baptisant au nom du Père, du Fil et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous toujours jusqu'à la fin du monde.
"
Selon la doctrine de l'Église, il y a en Dieu trois Personnes réellement distinctes, égales et consubstantielles c'est-à-dire
indissociables, dans une seule et indivisible nature :
le Père - le Fils -
l'Esprit
Cette Trinité chrétienne est cependant affirmée comme Mystère : la raison, laissée à ses seules lumières, ne peut arriver à la connaître, ni même,
après la Révélation et dans l'acte de foi, à épuiser son sens.
L'Ancien Testament n'a pas révélé explicitement la Trinité, mais en suggère quelques aspects (thèmes de
l'Esprit, du Messie, de la paternité de Yahvé).
Le Nouveau Testament (sans spéculer sur la Trinité)
révèle le Père par le Fils dans l'Esprit.
Les formules trinitaires ("Baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit", Matthieu 28, 19) sont moins frappantes par
elles-mêmes que la vision d'ensemble qui se dégage à travers tous les textes.
L'Église eut à défendre cette Révélation contre deux positions extrêmes :
>>> dans la ligne de la division, on parvient à trois dieux (trithéisme) ;
>>> dans celle de l'unité, on arrive à nier la réalité des trois Personnes (unitarisme).
Les conciles de Nicée (325) et de Constantinople (381) ont précisé la doctrine trinitaire.
Les théologies occidentale et orientale ont une approche
différente de ce Mystère :
>>> les Grecs considérant d'abord les Personnes et remontant à la divine
Unité,
>>> les Latins partant de l'Unité et de là reconnaissant qu'elle fructifie en Trinité.
Les grands théologiens occidentaux de la Trinité sont saint Augustin et saint Thomas d'Aquin. Aujourd'hui, le renouveau théologique a spécialement étudié les rapports du croyant à chacune des
Personnes divines, rapports par lesquels Dieu fait entrer les hommes dans 1'intimité de son Mystère.
Augustin, lorsqu'il traite de la Trinité, nous introduit dans le mystère de la vie intime de Dieu, mais aussi dans la vie intime de sa propre âme :
cf. l'admirable prière de la fin du chapitre XV de La Trinité (XV, 28, 51) :
"Dirigeant mes efforts d'après cette règle de foi, autant que je l'ai pu, autant que tu m'as donné de le pouvoir, je t'ai cherché ; j'ai désiré voir
par l'intelligence ce que je croyais ; j'ai beaucoup étudié et beaucoup peiné. Seigneur mon Dieu, mon unique espérance, exauce-moi de peur que, par lassitude, je ne veuille plus te chercher, mais
fais que toujours je cherche ardemment ta face. O toi ! donne-moi la force de te chercher, toi qui m'as fait te trouver et qui m'as donné l'espoir de te trouver de plus en plus. Devant toi est ma
force et ma faiblesse : garde ma force, guéris ma faiblesse. Devant toi est ma science et mon ignorance : là où tu m'as ouvert, accueille-moi quand je veux entrer ; là où tu m'as fermé, ouvre-moi
quand je viens frapper. Que ce soit de toi que je me souvienne, toi que je comprenne, toi que j'aime ! Augmente en moi ces trois dons, jusqu'à ce que tu m'aies réformé tout entier."
Augustin constate l'impuissance de l'homme à dire ce mystère de la Trinité :
"Quand il s'agit de Dieu, la pensée est plus exacte que le discours et la réalité plus exacte que la pensée" (De Trin. VII, 4,
7)